Ce matin marque un tournant dans le voyage.
Nous quittons Tbilissi pour nous enfoncer dans une autre Géorgie, plus rurale, plus authentique. Une Géorgie que l’on ne découvre pas dans les grandes villes… mais dans les rencontres.
Après un court trajet, nous arrivons à Signagui.
Perchée sur une colline, cette petite ville entourée de remparts impressionnants offre une vue dégagée sur la vallée d’Alazani. Les paysages sont doux, presque apaisants. Les maisons aux toits rouges, les ruelles pavées… tout ici semble figé dans le temps.
Selon les Géorgiens, Signagui est la “ville des amoureux”.
Et en s’y promenant, on comprend pourquoi.
Il y règne une atmosphère particulière, presque romantique, loin de l’agitation.
Nous prenons le temps de la découvrir, de flâner, d’observer.
Puis, nous reprenons la route.
Une immersion inoubliable chez l’habitant
Le moment suivant restera sans doute l’un des plus marquants du voyage.
Nous sommes accueillis dans une famille géorgienne pour une première véritable immersion.
Très vite, nous passons à la pratique : la préparation du churchkhela, une spécialité traditionnelle du pays. Il s’agit d’une gourmandise à base de noix enfilées sur une corde, trempées à plusieurs reprises dans un jus de raisin épaissi.
Un geste simple en apparence… mais chargé de tradition.
Nous participons, nous échangeons, nous apprenons.
Puis vient le moment du repas.
Une table généreuse, des plats faits maison, du vin local… et surtout une ambiance qui évolue au fil des minutes. Car oui, les Géorgiens peuvent sembler réservés au premier abord. Peu souriants, presque distants.
Mais ce n’est qu’une façade.
Car une fois la glace brisée… tout change.
Les rires s’installent, les discussions s’animent, les regards deviennent chaleureux. On partage bien plus qu’un repas.
On partage un moment de vie.
Notre hôte va même jusqu’à sortir son violon.
Et là, le temps semble s’arrêter.
Une mélodie douce, profonde, presque intemporelle.
Un moment rare.
Et peut-être… aurez-vous la chance de goûter à la chacha. Une eau-de-vie locale, puissante, presque mythique. Mais je préfère vous laisser la découvrir par vous-même…
Gremi, entre histoire et spiritualité
Il est difficile de quitter cet endroit.
Mais la route continue.
Nous nous rendons ensuite au complexe monastique de Gremi. Imposant, chargé d’histoire, il domine les paysages environnants avec élégance.
À l’intérieur de l’église, l’atmosphère change.
Le silence s’installe. Puis les chants.
Les prêtres entonnent des prières, leurs voix résonnent sous les voûtes anciennes. Une mélodie profonde, enveloppante, presque hypnotique.
Les fresques, marquées par le temps, racontent encore des fragments d’histoire. Certaines s’effacent, lentement, mais leur présence reste forte.
Un moment à la fois spirituel et émouvant.
Le vin géorgien, une histoire millénaire
Avant d’arriver à Telavi, nous faisons une halte chez un vigneron local.
Et ici, on comprend que le vin en Géorgie est bien plus qu’une boisson.
C’est une culture.
Le vigneron nous explique sa méthode de production traditionnelle, utilisant des qvevri — de grandes jarres en terre cuite enterrées dans le sol. Une technique ancestrale, transmise depuis des générations et reconnue par l’UNESCO.
Nous découvrons les vignes, les gestes, les traditions.
Chaque détail a du sens.
Et surtout, chaque vin raconte une histoire.
On ne déguste pas simplement un vin.
On découvre un patrimoine vivant.
Telavi et la magie du Caucase
En fin de journée, nous arrivons à Telavi.
Et là… le spectacle commence.
Les nuages se dissipent lentement, laissant apparaître au loin la chaîne du Caucase. Les sommets enneigés se dessinent à l’horizon, majestueux, presque irréels.
Un moment suspendu.
Je séjourne dans un hôtel offrant une vue directe sur ces montagnes. Depuis le balcon, je prends le temps d’observer, de respirer, de simplement profiter.
Le silence. La lumière. L’immensité.
Cette journée a été intense.
Riche en émotions, en rencontres, en découvertes.
Une journée où l’on comprend que la Géorgie ne se résume pas à ses paysages…
mais à ce qu’elle fait ressentir.