TÉHÉRAN : Capitale moderne de l'Iran

Le Musée National de Téhéran

Inauguré en 1937, ce grand musée archéologique présente une vaste collection d’artéfacts, de poteries et de sculptures de la préhistoire à l’antiquité préislamique, dont quelques sculptures colossales en provenance de Persépolis. Si le temps le permet, le bâtiment adjacent abrite également une collection intéressante retraçant les quelques 1400 ans d’héritage islamique de l’Iran.

Le Musée d’Art Contemporain de Téhéran

Les fabuleuses collections d’art contemporain occidental du musée de Téhéran comptent parmi les plus grandes en dehors d’Europe et des États-Unis. Inauguré en 1977, ce musée, aujourd’hui très contrôlé par le régime, présente des œuvres uniques et majeures des 19e et 20e siècles : des sculptures de Magritte et Giacometti, ou des toiles de Monet, Van Gogh, Picasso et Warhol, pour ne citer que quelques-uns des plus connus.

Le palais du Golestan (UNESCO)

Ancien palais royal de la dynastie Kadjar (1786-1925), ce complexe rebâti au 19e siècle, richement décorés de faïences, servait de lieu de réceptions officielles à l’époque du règne des Pahlavi (1925-1979). Les différents palais, bordant un agréable jardin perse, arborent des éléments architecturaux et décoratifs typiquement iraniens agrémentés de subtiles notes européennes. À ne pas manquer : la Talar-e Aineh, la « salle des miroirs », ainsi que la Talar-e Brelian, la « salle brillante », dont les murs et les plafonds sont composés de milliers de pièces de miroirs finement agencées. 

Le Grand Bazar de Téhéran

Couvrant plus de 10 kilomètres de rues et ruelles couvertes et dédiées au commerce, le Grand Bazar de Téhéran est une expérience particulièrement intéressante pour comprendre et observer la vie quotidienne iranienne. Des vêtements aux épices, en passant par les bijoux et autres denrées alimentaires, c’est ici que la population se retrouve pour faire les principaux achats. Réputé à travers toute la ville, le restaurant Moslem est incontournable et bondé à la mi-journée, l’occasion parfaite de tester les saveurs de la cuisine iranienne et vivre au rythme des habitants de la capitale.

La tour Milad

Symbole de la modernité Iranienne depuis 2007, et pied de nez aux pays ayant placé l’Iran sous des décennies de sanctions internationales, la tour de télécommunication Milad culmine à 435 mètres de hauteur, soit la 6e plus grande tour autoportante du monde. Située à 315 mètres de hauteur, la galerie panoramique permet d’avoir une vue imprenable à 350° sur la capitale iranienne. Par temps clair, la chaine de l’Elbourz est également visible avec son point culminant : le mont Damavand, un volcan semi-actif de 5 610 mètres d’altitude.

Le Musée du Tapis de Téhéran

Artisanat indissociable de l’Iran, les tapis persans sont encore considérés comme étant les plus beaux produits au Moyen-Orient. Le Musée du Tapis de Téhéran expose une collection rare de tapis du 18e siècle à nos jours, en soie, coton ou laine, issus des lieux de production emblématiques du pays.

Les Joyaux de la Couronne Iranienne

Une des plus vastes et importantes collections de joaillerie au monde, à faire pâlir les plus grands monarques, se trouvent exposée dans les coffres de la Banque Centrale Iranienne à Téhéran. Des dizaines de milliers de diamants, rubis, émeraudes et autres pierres précieuses et semi-précieuses sont présentés, en tas, ou montés sur des couronnes, tiares, fourreaux d'épées et autres objets du quotidien d’une beauté rare. La couronne du sacre de l’impératrice Farah Pahlavi d’Iran en 1967 compte très exactement 1 541 pierres précieuses, dont 1 469 diamants, 36 émeraudes, 36 rubis, 105 perles et, sertie au centre, une spectaculaire émeraude de 150 carats. Une œuvre magistrale et toute en finesse réalisée par la maison parisienne Van Cleef & Arpels avec une infime partie de ce fascinant trésor. Le Trône du Paon en bois couvert d’or compte 26 733 gemmes, et un globe terrestre plus de 51 000 pour un poids total de plus de 35 kg d’or. Pièce centrale de l’exposition, le Darya-e nour ou « mer de lumière », est un des plus grands diamants taillés du monde, d’une teinte rare rose pâle et pesant plus de 180 carats.

Le palais de Niavaran

Installé au sein d’un vaste jardin au nord de la capitale iranienne, sur les contreforts de l’Elbourz, le complexe de Niavaran date originellement de la dynastie Kadjar. C’est en 1968 que le dernier chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, ajouta un palais de 9 000 m2 qui servit de résidence principale des Pahlavi jusqu’à la révolution islamique de 1979. Il fait aujourd’hui partie d’un grand musée consacré à la vie de la dernière famille régnante d’Iran et d’une incroyable collection d’art comprenant entre autres des toiles d’Andy Warhol, Pablo Picasso et Fernand Léger.

La place Azadi

La place de la « tour de la Mémoire des Rois » est emblématique de la capitale iranienne. Inauguré en 1971 pour les 2 500 ans de l’empire perse, elle mesure 45 mètres et est constituée de 25 000 plaques de marbre blanc d’Ispahan. Ce n’est qu’après la révolution de 1979 qu’elle fût renommée Azadi, « liberté ». 

Les pistaches iraniennes

Cultivée depuis plusieurs millénaires la pistache est toujours considérée comme la reine des fruits à coques. Il y a plus de 3 000 ans déjà, elle était adorée par la Reine de Saba, avant de conquérir le Moyen-Orient, les pays Méditerranéens. Nécessitant un climat sec et ensoleillé pour révéler des arômes uniques, les pistachiers s’épanouissent particulièrement dans la région désertique de Kerman qui produit encore la meilleure qualité de pistaches au monde. Si vous trouvez des étals de fruits secs un peu partout à travers les bazars du pays, nous vous recommandons néanmoins la boutique Tavazo Nuts sur Valiasr à Téhéran, exportateur depuis plus de 100 ans.

Le safran iranien

C’est au premier millénaire avant notre ère, sur les contreforts des monts Zagros que c’est épanouie la culture du safran. À l’époque achéménide, le premier empire perse, le palais royal utilisait alors jusqu’à un kilo de cet or rouge par jour. L’Iran est aujourd’hui le premier producteur de safran, représentant plus de 80% des exportations mondiales. Pistils délicats extraits des fleurs de crocus, le safran est l’épice, et l’une des substances, les plus chères au monde qui peut dépasser les 45 000 francs par kilo, plus cher que l’or ou le platine…


KASHAN : Une oasis au cœur du désert

La mosquée Agha Bozorg de Kashan

La mosquée Agha Bozorg et son école coranique datent du 18e siècle et présentent une architecture remarquable par ses deux cours composées d’un vaste espace creusé en contrebas. Elles abritent un jardin central avec fontaine permettant d’accéder aux chambres qui se trouvent naturellement réfrigérées par le sol. 

Les maisons historiques de Kashan

Le quartier historique de Kashan, particulièrement bien conservé, permet la visite d’un certain nombre de maisons bourgeoises traditionnelles des 18e et 19e siècles. Parmi elles, les maisons des Tabatabaei, des Boroudjerd ou des Abbasi, de riches marchands, sont particulièrement belles et présentes chacune un ensemble de cours et jardins entourés de bâtiments finement décorés. Les dômes et les voûtes ciselés en nids d’abeilles sont magnifiques, tout comme les fenêtres à vitraux colorés. Les grandes tours attrape-vent, ou badgir, hautes de 40 mètres, servaient à rafraîchir les pièces principales de ses maisons exceptionnelles, et confère à Kashan un panorama pittoresque. 

Le jardin de Fin (UNESCO)

Bagh-e Fin, est un jardin typiquement perse situé au sud-ouest de Kashan. Particulièrement apprécié des souverains safavide, zand et kadjar, il fût modifié, agrandi et embelli au fil des siècles. Avec ses pavillons finement décorés, ses nombreux bassins, fontaines et cours d'eau, ses grands et vieux arbres, il compte parmi les plus beaux d'Iran. Depuis 2011, il fait partie des neuf jardins persans classés par l’UNESCO.

La Grande Mosquée de Kashan

La grande mosquée de Kashan, ou Jameh Mosque, est le plus vieux monument de la ville. À la base de son seul minaret de brique une épigraphe en style coufique date sa construction de 1074. Il s’agit de l’un des trois plus vieux minarets du pays. Cette mosquée fut modifiée après sa construction car le mihrab originel indiquait une direction erronée de la qibla

Les bains du sultan Amir Ahmad

Le très beau hammam d’Amir Ahmad date de l’époque safavide au 16e siècle et couvre une surface totale de 1000m2. L'intérieur des bains est décoré de carreaux de céramique turquisés et dorés, ainsi que de stucs, de fresques et de miroirs.

Le bazar de Kashan

Situé au cœur du centre historique de la ville, le grand bazar de Kashan date vraisemblablement des 10e et 11e siècles, avec des rénovations importantes au cours de la période safavide. Toujours utilisé, il est célèbre pour son architecture particulièrement raffinée avec notamment la section Timche-ye Amin od-Dowleh dont le grand puit de lumière date du 19e siècle. Outre les quelques kilomètres de rues et ruelles couvertes, le bazar abrite également plusieurs mosquées et écoles coraniques, des tombeaux, des caravansérails, des bains et des réservoirs d'eau.

Le site archéologique de Tepe Sialk

Fouillé depuis les années 30 le site archéologique de Tepe Sialk atteste d’une présence humaine sur le site entre les 7e et 4e millénaires avant notre ère. Une nécropole plus tardive, du 2e millénaire a également été mise au jour. Si le site en lui-même, constitué de deux tels érodés, n’a que relativement peu d’intérêt pour les néophytes, le petit musée adjacent présente plusieurs vestiges de ces périodes : vases, outils, bijoux… 


ABYANEH : Une étape champêtre

Il faut quitter la route principale sur une vingtaine de kilomètres, entre Kashan et Ispahan, pour atteindre le petit village pittoresque et montagnard d’Abyaneh. Il est installé à 2 500 mètres d’altitude et est classé par l’UNESCO. Peu avant la fin du chemin, le village, composé de maisons en pisé, toutes aussi ocres que la terre environnante, offre de superbes vues sur la chaine des monts Karkas. C’est également l’occasion de rencontrer la population locale pour demander votre chemin à travers le dédale de rues et ruelles afin de rejoindre quelques sites d’intérêt, comme la mosquée, le temple du feu ou les ruines d’une forteresse sassanide. Les femmes arborent de jolis costumes traditionnels colorés. 


ISPAHAN : La "Moitié du Monde", exceptionnelle !

La place Naghsh-e Jahan (UNESCO)

Construite au 17e siècle sous la dynastie Safavide au cœur de la ville historique d’Ispahan, cette place compte parmi les plus vaste du monde et couvre une superficie totale de près de 9 hectares. Plusieurs monuments d’importance de la même période bordent cette esplanade : La mosquée du Chah, La mosquée du Cheikh Lotfallah, Le palais d’Ali Qapu, Le Grand Bazar d’Ispahan.

La mosquée du Cheikh Lotfallah (UNESCO)

À l’est, sans doute l’une des plus belles mosquées d’Iran : la « Masjid-i Sadr ». Elle est antérieure à la mosquée du Chah et était réservé à la famille royale. Ce lieu de prière est particulièrement remarquable de par l’absence exceptionnelle de cour intérieure et de minarets. Il faut emprunter un long couloir contournant la salle principale pour y accéder. Une fois à l’intérieur, le regard est immédiatement attiré vers la magnifique voûte qui domine l’intégralité du lieu. Le décor particulièrement délicat des faïences joue autour du bleu avec des notes de vert, de jaune, de rouge et de turquoise. Les larges ouvertures en hauteur, ceinturant la base du dôme, offrent un jeu de lumière saisissant lorsque les rayons du soleil viennent traverser des grilles finement ouvragées. 

Le Grand Bazar d’Ispahan (UNESCO)

Enfin, le côté nord de la place est flanqué d’une large porte menant au bazar historique de la ville et au-delà, à la grande mosquée d’Ispahan. Toujours en activité, ce grand bazar, l’un des plus vieux et vastes du pays, est particulièrement animé.

Le palais et jardin du Chehel Sotoun d’Ispahan (UNESCO)

Signifiant littéralement « quarante colonnes », un Chehel Sotoun désigne par extension un palais de type iranien qui en comporte un grand nombre. Il en existe plusieurs en Iran, mais également en Afghanistan et en Inde. Celui d’Ispahan, construit au milieu du 17e siècle à la période safavide, en compte 20 de plus de 13 mètres de hauteur et supporte un toit en bois marqueté. Situé au cœur d’un vaste jardin persan historique, et face à un long bassin rectangulaire dans lequel il se reflète, ce palais était utilisé pour les cérémonies de couronnement et pour la réception des ambassadeurs étrangers. La réflexion du palais dans l’eau complète le nombre de colonnes pour atteindre le chiffre symbolique de quarante. La salle principale, est abondamment décorée de stucs en relief, et d'un plafond divisé en trois voûtes peintes de motifs ornementaux. Les couleurs dominantes sont le bleu marine, le bleu cobalt, le rouge écarlate, le vert émeraude et l'or. Les murs sont couverts de grandes fresques historiques, retraçant les grands épisodes épiques de la dynastie safavide. Les autres salles arborent elles aussi de jolies peintures murales aux scènes galantes et aux influences européennes et indiennes. 

L’école Chahar Bagh

L’école Chahar Bagh, ou « madreseh Madar-e Chah », est installée le long de l’avenue éponyme et historique d’Ispahan, héritée de l’époque safavide. Le monument date du tout début du 18e siècle et est dédié à l’enseignement de la théologie et des sciences. L’école abrite également une mosquée avec un dôme à double coque auquel on accède via un iwan surmonté de deux grands minarets, le tout couvert de fins motifs en céramique dans des tons bleus.

La cathédrale arménienne Saint-Sauveur d’Ispahan

Située dans la Nouvelle-Djoulfa, le quartier arménien de la ville, la cathédrale Saint-Sauveur date du milieu du 17e siècle. La relative simplicité de son extérieur, à l’aspect d’une mosquée avec un dôme de briques surmonté d’une croix, contraste vivement avec son intérieur richement décoré de fresques et mosaïques consacrées au Saint-Sauveur, le Christ, ainsi qu’à Saint Grégoire l’Illuminateur, le fondateur de l’Église arménienne. Elle compte également une bibliothèque abritant plus de 700 manuscrits anciens, un musée d'arts arméniens et un mémorial du génocide.

Dégustation de gaz, la spécialité d’Ispahan

Lors de votre passage à Isaphan, ne manquez pas de déguster une spécialité locale : le gaz. Cette confiserie traditionnelle iranienne de la province d’Ispahan est en réalité un fin nougat blanc mou composé de sucre, d’eau, de blancs d’œufs, d’éclats de pistaches ou d’amande et de sa particularité, le « gaz angobin ». Cet exsudat sucré issue d’une plante locale est également connu sous le nom de gomme adragante, ou gomme de dragon. Un délice !

La mosquée du Chah (UNESCO)

Situé à l’extrême sud de la place Naghsh-e Jahan, la « Masjed-e Shah », inaugurée en 1630, fût construite selon le plan typique des mosquées perses : quatre iwans couverts de carreaux en céramique sur les côtés d'une cour, dont le principal mène à la grande salle de prière abritée sous une large coupole décorée de très belles faïences bleues. Si vous vous trouvez à l’aplomb du centre de la grande coupole, sur la dalle noire, tout ce que vous direz sera répété sept fois. Une curiosité acoustique qui ajoute à l’atmosphère mystique du lieu.

Le palais d’Ali Qapu (UNESCO)

Face à la mosquée du Cheikh Lotfallah, à l’ouest de la grande place, l’imposant palais d’Ali Qapu domine le paysage du haut de ses 48 mètres. Dédiées aux réceptions officielles et aux divertissements, plusieurs salles sont particulièrement belles, avec des fresques, miroirs et céramiques. La salle de musique, tout en haut du bâtiment, mérite l’effort. Ses plafonds et niches complexes sont incroyables et participent à la qualité sonore de la pièce ouverte aux quatre vents. Plus bas, une terrasse couverte par un toit au plafond marqueté, et soutenu par 18 grandes colonnes de bois rehaussées de miroirs, surplombe l’esplanade. Au centre de cette terrasse, un ingénieux système hydraulique permettait d’alimenter une fontaine aujourd’hui hors d’usage.

La grande mosquée d’Ispahan (UNESCO)

Sans doute construite sur un lieu de culte zoroastrien, la grande mosquée, ou « Masjid-e-Jameh Isfahan », ou encore « mosquée du vendredi », compte parmi les plus vieilles d’Iran. Édifiée sous la dynastie Omeyyade au 8e siècle, elle fût régulièrement modifiée, agrandie et rénovée jusqu’au 20e siècle. Également construite sur le plan des quatre iwans bordant la cour centrale, cette mosquée remarquable se distingue par la beauté de son dôme du 11e siècle à la voute bleue d’une exceptionnelle beauté. 

Le palais et jardin de Hacht Behecht

Construit en 1669 pour le souverain safavide, Hacht Behecht compte parmi les deux derniers palais-jardin de l’époque à subsister dans la ville d’Ispahan. Architecturalement plus simple que le Chehel Sotoun, il n’en est pas moins dénué d’intérêt notamment grâce à son joli jardin typiquement persan. Son nom signifie d’ailleurs : « les huit jardins du paradis ». Au cœur du pavillon, le dôme à caisson surmonté un oculus est absolument magnifique.

Les ponts Si-o-se Pol et Pol-e Khajoo

Si le plus vieux des onze ponts de la ville date du 11e siècle, les deux ponts les plus remarquables ont quant à eux été érigé à l’époque safavide et servent également de barrages pour réguler le débit des eaux de la rivière Zayandeh rud. Si-o-se Pol date de 1602 et mesure prêt de 300 mètres. Pol-e Khajoo date pour sa part de 1650 et mesure 133 mètres de long avec 24 arches et un petit pavillon au milieu. La partie inférieure du pont est aujourd’hui un lieu de détente prisé des habitants d’Ispahan. Si les deux ponts se retrouvent régulièrement les pieds au sec, leurs réflexions à la nuit tombée sont magiques. 

Le varzesh-e Pahlavani (UNESCO)

Si le temps le permet, ne manquez pas d’assister à un entrainement de varzesh-e Pahlavani à la zurkhaneh Ya Ali Madad d’Ispahan. Le sport traditionnel iranien est classé sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité et remonte vraisemblablement à l’antiquité perse du 3e siècle avant notre ère. Au rythme d’un tambour, d’une cloche et de poèmes épiques chantés par le morshed, les valeureux pahlevans exécutent une série d’exercices dans un ordre établi. Certains exercices impliquent le maniement de différents accessoires comme des boucliers de bois, des arcs de métal ou des massues de différents poids. Avant la prière finale, certains pahlevans s’affrontent en réalisant diverses techniques de lutte iranienne. 


NA'IN : aux prémisses de l'ère islamique

Situé approximativement à mi-chemin entre Ispahan et Yazd, la petite ville de Na’in mérite que l’on s’y attarde ne serait-ce que pour quelques heures de visite. Si la ville est mondialement connue pour la qualité de ses tapis, l’héritage architectural n’est pas en reste. Sa grande mosquée compte effectivement parmi les quatre premières construites après les invasions arabes en Iran, il y a plus de 1 200 ans. La cour intérieure présente de jolis motifs en briquetage et la salle de prières de fines décorations en stuc. Contrairement aux mosquées qui seront construites ultérieurement cette dernière ne comporte pas d’iwan, ni de dôme. En revanche, un magnifique minaret en brique à base octogonale de 18 mètres de hauteur fût ajouté à l’édifice il y a quelques 700 ans. La mosquée compte aussi un surprenant sous-sol creusé et connecté au qanat, utilisé lors des jours les plus chauds, et vraisemblablement d’origine zoroastrienne. Parmi les autres curiosités de la localité : la maison historique Pirnia et ses fins motifs en stuc, le jardin Mosallah comprenant un réservoir ventilé par deux grandes tours à vent, un moulin fonctionnant grâce au qanat à Mohammadieh ainsi que sa forteresse et sa mosquée du 10e siècle… Na’in est également le point de départ idéal pour arpenter le désert et ses dunes mouvantes, dont les plus hautes du pays, qui dépassent les 60 mètres. 


MEYBOD : La ville des potiers

Connue depuis la période préislamique et ancienne capitale de l’empire mozaffaride au 14e siècle, Meybod est aujourd’hui l’une des plus grandes villes du désert iranien. La ville est réputée pour ses poteries depuis plusieurs siècles et compte plusieurs monuments anciens. Parmi eux : Narin Qaleh, une forteresse en ruine de l’époque sassanide ; une grande mosquée ; le caravansérail Shâh-’Abbasi ; le tchapar-khaneh, l’équivalent d’un relais de poste ; un magnifique pigeonnier ; des réservoirs surmontés de badgirs et un yakhtchal, une glacière qui permettait de garder une grande quantité de glace produite en hiver jusqu’au cœur de l’été à la chaleur écrasante.


YAZD : L'oasis millénaire

La ville de Yazd est située sur le plateau central iranien, entre les déserts du Dasht-e Kavir au nord et Dasht-e Lut au sud, et est entourée de lacs salés. Connue depuis plus de 5 000 ans, elle est aujourd’hui considérée par l’UNESCO comme étant l’une des plus vieilles villes au monde. En 1292, le marchand et explorateur Marco Polo dans ses mémoires parle de « la noble ville de Yazd ». Terre des zoroastriens et centre de production réputé de la soie, la ville de Yazd a su prospérer des siècles durant grâce à son oasis, idéalement située sur les grandes routes caravanières. Elle abrite aujourd’hui une vieille ville aux maisons historiques relativement bien conservées ainsi que plusieurs monuments zoroastriens et islamiques d’intérêt majeur. 

La grande mosquée de Yazd

Fondée au 13e siècle et largement reconstruite entre 1325 et 1364, la grande mosquée de Yazd, ou « Masjid-e-Jameh », est un des monuments les plus fins du 14e siècle iranien. Construite sur le site d’un ancien Temple du Feu zoroastrien de l’époque sassanide, cette mosquée est un bon exemple du style azéri dans l’architecture perse. La haute porte principale est surmontée de deux fins minarets. Culminant à 52 mètres de hauteurs ils sont les plus hauts d’Iran. L’iwan et les minarets sont par ailleurs couverts de jolis motifs en céramiques bleues. La salle principale, surmonté d’un immense dôme dont la voute et les murs sont décorés de faïences azur, est majestueuse. Le mirhab, lui aussi couvert de motifs en céramiques de teintes céruléennes, compte parmi les plus beaux du pays. 

La vieille ville et les maisons historiques de Yazd

Les maisons historiques de la ville sont construites en pisé généralement sur une hauteur de un ou deux étages et descendent jusqu’à quatre étages en sous-sol afin de capter la fraicheur de la terre. Elles étaient également agrémentées de hautes tours à vent permettant une ventilation naturelle à travers les pièces pour lutter contre des températures désertiques dépassant les 45°C en été. Les maisons les plus riches se voyaient aussi directement reliées aux réseaux de qanats, des souterrains approvisionnant la ville en eau potable et circulant sur des dizaines de kilomètres à travers le sous le sol aride du désert.

Le Temple du Feu zoroastrien

Principal lieu de culte zoroastrien les Temple du Feu, sont aujourd’hui relativement rares, la plus part ayant été déduits au cours des siècles avec l’arrivée de l’Islam. Celui de Yazd date des années 1940, et son feu, qui brûle en permanence dans la pièce centrale, a été apporté de Chiraz où sa flamme a été allumée il y a plus de 1 500 ans. Régulièrement, un mage zoroastrien vient alimenter le brasier en bois noble de prunier afin de ne pas laisser mourir le feu sacré.

Le musée de l’eau et des qanats

Pour comprendre comment de telles villes ont pu prospérer au cœur d’un des déserts les plus arides du globe, il faut visiter le musée de l’eau et des qanats. Véritables oasis de fraîcheur sur la route de la soie, c’est l’invention des qanats qui permit aux grandes villes comme Yazd de s’épanouir. Les qanats, classés par l’UNESCO, constituent un réseau de centaines de kilomètres de tunnels, ponctués de puis d’aération et de visite, qui courent à travers le désert sur des dizaines de kilomètres pour venir alimenter les villes en eau potable. Cet ingénieux système de captation des nappes phréatiques, mis au point en Perse durant le 1er millénaire avant notre ère, s’est depuis exporté à travers le moyen orient, l’Afrique du Nord et jusqu’en Chine. En Iran, de grandes citernes, les ab anbar, étaient ainsi alimentées et réfrigérées par de hauts badgirs, les tours à vent emblématiques des villes iraniennes au cœur du désert. Seules les maisons les plus riches bénéficiaient d’un accès direct à ces sources intarissables. 

Le complexe d’Amir Chakhmaq

Symbole de la ville, cette grande porte composée de trois étages d’arches en arc persans est en réalité une structure comprenant le plus grand hosseiniyeh d’Iran, ainsi qu’une mosquée, un caravansérail, des bains et un puit d’eau fraîche. La place est particulièrement belle au crépuscule alors que le monument s’illumine. 

Le jardin et le badgir de Dowlat-abad (UNESCO)

Situé au cœur d’un vaste jardin persan classé par l’UNESCO, le palais de Dowlat-abad surprend de par la taille de son badgir, ou « attrape-vent ». Édifié en 1738, ce pavillon hexagonal à deux niveaux profitait ainsi d’un système de rafraîchissement autonome grâce à cette tour de près de 34 mètres de hauteur capable de capter la moindre brise. Il s’agirait de la plus haute tour à vent répertoriée du pays.

Les tours du silence zoroastriennes de Yazd

Deux tours du silence, ou dakhma, subsistent à l’état de ruines aux portes de la ville de Yazd. Ces grandes structures circulaires, placées sur des monticules rocheux, servaient aux rites funéraires zoroastriens. Durant l’antiquité perse, et jusque dans les années 1930, les défunts zoroastriens étaient placés en haut de ces tours pour être dispersés par les vautours, afin d’éviter toute contamination des éléments divins : la terre, l'air, le feu, et l'eau. Cette forme d’inhumation céleste est toujours utilisée en Inde par les zoroastriens parsis des régions de Mumbai et de Bangalore, ainsi qu’en Mongolie et dans l’Himalaya, par les bouddhistes d’origine tibétaine.

Les pâtisseries iraniennes

Profitez de votre passage à Yazd pour goûter quelques-unes des meilleures pâtisseries iraniennes. Les baklavas, ou baghlava en Iran, sont typiques de la ville de Yazd et sont réalisés avec de la pistache, de l’amande, de la cardamome et un sirop au miel, à l’eau de rose et au safran. Laissez-vous également tenter par les qottab, à l’amande et fris, le pashmak, la « barbe à papa » iranienne, ou les loze nargil, de délicieux losanges à la noix de coco et à l’eau de rose. Nous vous recommandons de vous rendre à Haj Khalifeh Ali Rahbar, proche de la place Amir Chakhmaq, une confiserie centenaire reconnue à travers tout le pays.


KERMAN : Aux portes du Balouchistan

Fondée au 3e siècle en plein désert par le roi sassanide Ardachir Ier, la ville de Kerman est aujourd’hui connue à travers le monde pour sa production de fins tapis persans et compte un certain nombre de monuments anciens. Au départ de Kerman en direction du désert, les citadelles de Bam et Rayen, ainsi que le village de Mahan vallent le déplacement.

La grande mosquée de Kerman

Fondée en 1174, la Masjed-e Jameh est composée de quatre magnifiques iwans construits en 1349 et arborant de fin motifs en céramiques bleus. Si elle compte parmi les plus belles mosquées du pays elle fait également partie des plus particulières puisque cette dernière ne comporte aucun minaret. 

Les bains de Ganj Ali Khan de Kerman

Construit en 1631 au cœur du bazar du sud de la place, ces bains uniques présentent de superbes décorations faites de faïences, de fresques, de stucs, de coupoles et d’arches. 

La citadelle de Bam (UNESCO)

L’Arg-e Bam, est une citadelle fondée il y a plus de plus de 2'500 ans, à 190 km au sud-est de Kerman. Idéalement placée sur la Route de la Soie, la ville de Bam connut un essor florissant du premier siècle avant notre ère jusqu’au début du 18e siècle. Entièrement construite en adobe et en bauge, elle est la plus grande structures de ce type au monde. En 2003, un violent séisme secoua la région, et causa la perte de plusieurs dizaines de milliers de vies. La citadelle, principalement constituée de terre, ne résista pas non plus et une grande partie s’effondra. Avec l’effort de nombreuses ONG, associations et du gouvernement iranien, 99% de la citadelle était restaurée en 2015. Autre particularité de la ville, sa production de dattes, dont la qualité est réputée à travers le monde.

Le village de Mahan (UNESCO)

Situé au cœur d’une oasis, le village de Mahan abrite le mausolée du saint soufi Nematollah Wali, dont le dôme du 16e siècle est couvert de céramiques turquoise ; et le fameux Bagh-e Shahzadeh, le « jardin du prince », planté en 1850 et classé par l’UNESCO parmi les plus beaux jardins persans.

Le complexe de Ganj Ali Khan à Kerman

Situé au cœur de la vieille ville de Kerman, ce vaste complexe articulé autour d’une grande place centrale a été commandé Ganj Ali Khan, gouverneur et officier de la dynastie safavide. Élaboré dans le style traditionnel d’Ispahan, il comprend un caravansérail, une mosquée, une école, des bains, un hôtel des monnaies, un réservoir d’eau et un bazar. 

Le caravansérail et la mosquée de Ganj Ali Khan de Kerman

Bordant le côté est de la place depuis 1598, le caravansérail suit un plan traditionnel avec une cour rectangulaire agrémentée d’un bassin central et bordée par des halls à deux étages et quatre iwans. Un angle de ce caravansérail abrite une très belle mosquée surmontée d’un dôme à la coupole en nid d’abeille, ajourée à sa circonférence et décorée par de fins motifs floraux et colorés. 

La citadelle de Rayen

Deuxième plus grande structure en brique crue du monde après celle de Bam, l’Arg-e Rayen, est imposante. Construite pendant la période sassanide au 4e siècle, elle suit un modèle d’architecture typique des citadelles du désert. Occupant une surface de 2 000m2 de forme presque carrée, elle est protégée par une muraille dentelée de plus de dix mètres de hauteur, des bastions fortifiés et une seule porte d’accès. Cette cité résista d’ailleurs plusieurs fois à l’invasion arabe. La citadelle comprend les ruines d’une mosquée, d’un bazar et de maisons plus ou moins bourgeoises.


ABARKUH : Un village surprenant

C’est dans la petite ville d’Abarkuh, étape caravanière entre Yazd et Shiraz, que vit l’un des arbres les plus vieux du monde : le Sarv-e Abarkuh. Il s’agit d’un cyprès méditerranéen âgé de plus de 4 000 ans et mesurant 25 mètres de hauteur. Abarkuh est également connue pour sa vieille ville et particulièrement la maison Aghazadeh. Il s’agit d’une très belle demeure de la fin du 18e siècle, dont la haute tour à vent constitue l’élément remarquable. Cette dernière, à deux étages, mesure 18 mètres et couvre une surface imposante de 18 m2. Cette maison figure actuellement sur les billets de 20 000 rials. Enfin, si le temps le permet, une petite excursion jusqu’au mausolée Gonbad-e Ali, construit en 1052 en haut d’une colline à l’extérieur de la ville, vaut le détour. Cette tour funéraire octogonale en moellons, l’une des premières d’Iran, est couverte par un dôme soutenu par une corniche sommitale à trois rangs de muqarnas. C’est le plus ancien exemple connu d’une corniche extérieure à stalactites ou nids d’abeille. Cet élément architectural devait supporter une toiture conique ou pyramidale qui couvrait le dôme et aujourd’hui disparue.


CHIRAZ : Capitale culturelle

Capitale de la Perse sous la dynastie zand dans la deuxième moitié du 18e siècle, Chiraz est aujourd’hui une ville moderne et la 3e plus grande agglomération d’Iran, après Téhéran et Mashhad, 6e en termes d’habitants. Elle est cependant toujours considérée comme capitale culturelle et artistique à travers le pays. C'est depuis Chiraz ou en la rejoingnant que s'effectuent les visites des sites majeurs de Pasargades et de Persépolis, situés respectivement à 140 et 60 km au nord-est de la ville.

La citadelle de Karim Khan à Chiraz

Il est difficile de manquer l’Arg-e-Karim Khani tant cette forteresse est imposante. Commandité au 18e siècle par le premier roi de la dynastie zand, Karim Khan, la citadelle servait à l’origine de palais royal avant de devenir résidence du gouverneur du Fars sous la dynastie kadjar, puis de prison sous la dynastie Pahlavi. Elle abrite aujourd’hui un musée et plusieurs bâtiments administratifs. L’architecture du bâtiment reprend les principes de l’époque médiévale avec une cour rectangulaire protégée par de hauts remparts crénelés et quatre bastions circulaires aux motifs briquetés, de près de 14 mètres de hauteur. Un palais d’été et un palais d’hiver bordent la cour intérieure plantée d’orangers.

La mosquée Jameh-ye Atigh de Chiraz

Cette jolie mosquée fondée en 894, puis remaniée au 16e siècle à la période safavide, comporte un bâtiment inhabituel au centre de la cour : une khodakhune, ou « maison de Dieu », datant du 14e siècle. C’est ici qu’étaient conservés les Corans précieux. 

Le palais royal du jardin Afif-Abad

Un des plus anciens jardins persans de la ville abrite une magnifique et ancienne demeure royale aujourd’hui convertie en musée. Le jardin remonte au 16e siècle mais le pavillon actuel date de 1863 et fut plus tard offert par l’empereur Mohammad Reza Chah Pahlavi à sa femme l’impératrice Farah Pahlavi. Peu avant la révolution islamique, cette dernière en fait don à l’armée qui en a toujours la garde.  

Le jardin Nazar et le musée du Fars

Jadis l’un des plus grands jardins de la ville à l’époque safavide, le jardin Nazar accueil aujourd’hui le joli musée de la province du Fars. Abrité dans un bâtiment octogonal du milieu du 18e siècle et à la voute ornée de muquarnas, ce musée expose un certain nombre d’objets d’art issus de cette province à l’héritage culturel riche. Sont également conservés dans ce pavillon de très belles peintures miniatures et de vieux Corans manuscrits. 

Les mausolées de Hafez, de Saadi et de Khwaju Kermani

Chiraz est une ville de première importance en termes de culture en Iran et dans le monde oriental. C’est ici que sont inhumés les grands poètes Hafez (1326-1390) et Saadi (1210-1291), originaires de Chiraz, et Khwaju Kermani (1280-1352), originaire de Kerman. Ces lieux sont aujourd’hui visités par un grand nombre de pèlerins et touristes venus leurs rendre hommage, tant leurs œuvres sont vénérés. Le Divan de Hafez, est un recueil de près de mille textes qui compte parmi les plus populaires des poèmes persans.

La mosquée Nasir-ol-Molk de Chiraz

Véritable joyau architectural de Chiraz, la mosquée Nasir-ol-Molk présente entre autres des éléments traditionnels de décoration des voûtes appelés panj kāseh-i, ou « cinq concaves », des piliers ouvragés, ainsi que de très jolis vitraux en façade. La salle de prière est particulièrement belle lorsque les rayons du soleil illuminent l’espace et dessinent sur le sol de magnifiques motifs colorés.

Le bazar et la mosquée de Vakil à Chiraz

Principal lieu de commerce de la ville, le bazar de Vakil est situé au cœur du centre historique depuis le 11e siècle. Ses longues allées couvertes de larges dômes de briques mènent également à de très jolies cours intérieures, de vieux caravansérails et d’anciens bains. C’est ici également, à l’ouest du bazar, que se trouve la mosquée de Vakil, l’une des plus belles de la ville. Construite entre 1751 et 1773 à l’époque zand, cette mosquée ne comporte que deux iwans, au lieu de quatre traditionnellement, décorés dans le style haft rangi, littéralement «  sept couleurs », typique de Chiraz. Sa salle de prière du soir, ou shabestan, de 2 700 m2 compte 48 piliers monolithiques en sculptées en spirales et surmontés d’un chapiteau à feuilles d’acanthes. 

Les maisons Qavam al-Molk et Zinat-al-Molk de Chiraz

Érigée sous la dynastie zand à la fin du 19e siècle par la famille Qavam al-Molk, ce superbe pavillon de réception illustre parfaitement le train de vie des riches marchands de l’époque. L’élégance et le raffinement de la haute société persane est poussé ici à son plus haut niveau. Directement inspiré de l’architecture victorienne, cette maison bourgeoise comporte un grand nombre de pièces richement décorées de stucs et de peintures, ainsi qu’un magnifique porche aux miroirs ouvert sur le jardin arboré et agrémenté de fontaines et bassins. Non loin de là, et connecté par un passage souterrain, les quartiers privés de la famille compose la maison Zinat-al-Molk, aujourd’hui convertie en musée. 

Le jardin d'Eram (UNESCO)

Le Bagh-e Eram, ou « jardin du Paradis », est un jardin historique de la ville de Chiraz classé par l’UNESCO avec neuf autres jardins persans. Fondé au 11e siècle, il a été redessiné au 20e à l’emplacement d’un autre jardin du 18e. Il est installé autour d’un superbe palais de l’époque kadjar, ancienne propriété du Chah d’Iran. Il est aujourd’hui administré par l’Université de Chiraz et le jardin, considéré comme l’un des plus beaux d’Orient, reste ouvert au public.  

Pasargades, les origines perses (UNESCO)

De la première capitale achéménide du premier empire perse, Pasargades, il ne reste que le tombeau massif de Cyrus II, dit le Grand, et quelques ruines de palais et jardins datant des règnes de Cyrus II et de Darius Ier, dit le Grand. Bâtie à 1 900 mètres d'altitude au cœur des monts Zagros, la ville de Pasargades prospéra au 6e siècle jusqu’en 521, date à laquelle Darius Ier commence la construction monumentale de sa propre capitale impériale à 40 kilomètres de là : Persépolis. L’empire achéménide, qui s’étendais de la méditerranée à l’Indus, est considéré comme le premier empire caractérisé par le respect de la diversité culturelle de ses peuples.

Persépolis, trésor de l'empire perse (UNESCO)

C’est en 521 que Darius le Grand entreprend la construction titanesque de Persépolis qui n’était jusqu’alors qu’une ville secondaire. Adossée à l’ouest une colline, il fait ériger une gigantesque terrasse fortifiée, abritant des palais, des jardins et d’autres bâtiments administratifs nécessaires à la conduite de l’empire. Après avoir emprunté les grands escaliers conduisant à la terrasse, les visiteurs passaient par la « Porte de toutes les Nations », une structure imposante de base carrée autrefois couverte. Le toit était supporté par de hautes colonnes illustrant parfaitement l’intégration des différents peuples au sein de l’empire : la base des colonnes est composée de lotus renversés typiquement égyptien, le fût cannelé est de type ionien et les chapiteaux sont composés de deux protomés de taureaux assyriens entre lesquels venaient s’insérer les poutres. Construite sous les ordres de Xerxès Ier, fils de Darius le Grand, cette entrée magistrale est gardée par deux taureaux ailés de style assyriens à l’ouest, et de deux autres taureaux ailés androcéphales, à l’est. L’autre vestige remarquable de Persépolis est l’apadana, la grande salle d’audience de Darius le Grand, qui est avec le Palais des 100 colonnes, la plus grande et la plus complexe des structures monumentales du site. Il faut imaginer un bâtiment de 60,5 mètres de côté, et 72 colonnes de 20 mètres de hauteurs (dont 13 toujours debout). Ici, le plafond était soutenu par des poutres reposant sur des protomés massifs de taureaux et de lions. L’escalier est de la terrasse supportant ce palais a conservé pendant plus de 2 100 ans de magnifiques bas-reliefs représentant les différentes nations de l’empire perse. Le Palais des 100 colonnes, mesure 70 mètres de côté. Elle donnait directement sur une vaste place et plus loin à l’avenue qui mène à la Porte des Nations. Le site de Persépolis couvre une surface de 125 000 m2 et comprend de nombreuses autres ruines de palais et jardins. Les ajouts et embellissements se poursuivent pendant plus de deux siècles, jusqu’à la chute de l'empire achéménide et la destruction partielle de la cité par Alexandre le Grand en 331 avant notre ère. L’archéologue Roman Ghirshman (1895-1979), spécialiste de la Perse, disait en parlant de Persépolis : « Jamais dans l’antiquité, l’art n’avait fait preuve d’une telle audace ».


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