• Découverte de l'île de Shikoku

L’île mystérieuse de Shikoku au Japon

En novembre 2016, j’ai eu la chance de partir à la découverte de l’île mystérieuse de Shikoku au Japon.

Ma première escale fut la petite ville de Matsuyama connue pour son magnifique château d’où l’on a une vue splendide sur la Mer Intérieure. Le point fort de la ville figure parmi les plus anciens bains thermaux du Japon, Dogo onsen. Le bâtiment a inspiré Hayao Miyazaki pour le film d’animation « Le voyage de Chihiro ».

Prochaine étape : Uwajima avec un arrêt en route dans le village d’Uchiko autrefois réputé pour la production de cire. On y trouve aussi l’un des plus anciens théâtres de Kabuki où j’ai eu droit à un petit cours de danse improvisé !

Je passe la nuit à Uwajima et pars tôt le matin à la découverte du petit jardin de Tenshaen au sol recouvert de mousse et aux multiples sortes de bambou. Je rejoins ensuite le château d’Uwajima que l’on atteint après une montée de 30 minutes dans la forêt. Comme celui de Matsuyama il fait partie des 12 châteaux préservés du Japon et la vue est impressionnante. 

Après une visite dans un des rares sanctuaires dédiés à la fertilité, je poursuis ma route jusqu’à Kochi au sud de Shikoku. J’y arrive tard le soir et ai la chance de partager mon repas dans le très animé marché de Hirome en compagnie de Kenji Yamamoto qui travaille pour l’office du tourisme de Shikoku. Le lendemain il me fera découvrir quelques-uns des plus beaux sites de Shikoku ; le temple Chikurenji qui fait partie du pèlerinage des 88 temples, la magnifique plage de Katsurahama et la rivière de Niyodo et son eau cristalline. Court mais intense et cela donne envie de revenir !

Le train m’emmène ensuite à travers les montagnes de Shikoku jusqu’à la vallée d’Iya, un lieu magique et entouré de légendes. Les montagnes sont escarpées et des ponts en liane traversent les vallées au-dessus d’impressionnantes gorges. Sensations fortes assurées lors de la traversée ! Mais avant cela, j’aurai droit à un cours de nouille soba à l’ancienne par Madame Tsuzuki et sa collègue dans leur petit restaurant. Nous ne parlons pas la même langue mais nous nous comprenons. Je m’applique à imiter mon « maître soba » et mes « talents » de cuisinière ne manquent pas de déclencher quelques grands éclats de rire ! Je découvrirai encore d’autres merveilles comme une maison du clan samouraï Heike qui a trouvé refuge dans ces montagnes, le village traditionnel d’Ochiai, le musée des yokaï (créatures mystiques issues du folklore japonais) et même un Manikin, petit statue d’un enfant en train d’uriner, comme à Bruxelles ! Iya fait aussi le bonheur des amateurs d’onsen, les sources chaudes dans lesquels nous pouvons prendre un bain en admirant les paysages fantastiques de cette région. J’aurai la chance d’en apprécier tous les plaisirs dans l’auberge traditionnelle où je passe la nuit. Les amateurs de gastronomie y seront aussi au paradis car, outre les nouilles soba, la région compte de nombreuses spécialités qui garniront ma table durant le repas du soir et le petit-déjeuner.

Le lendemain je reprends la route direction Takamatsu. Sur le chemin, je fais un arrêt à Kotohira pour gravir les 1368 marches qui mènent au dernier sanctuaire du Kompira dédié à la divinité des marins et navigateurs. C’est un des lieux de pèlerinage les plus importants. Beaucoup de pèlerins s’y rendent avec leur chien car à l’époque on y envoyait les chiens pour transmettre les prières des hommes et éviter ainsi de gravir soi-même les marches !

Je rejoins ensuite les routes du pèlerinage de Shikoku au temple Zentsuji, lieu de naissance de Kobo Daishi (le fondateur du bouddhisme shingon) et temple principal du bouddhisme shingon. L’accueil y est extrêmement chaleureux. Le repas du soir partagé avec les pèlerins est un moment riche en échanges. Le lendemain, réveil à 5h30 pour suivre la cérémonie du matin, un instant magique rythmé par les chants des moins à la lueur des bougies  et aux effluves d’encens dans le temple Miedo situé à l’endroit même où serait né Kobo Daishi. Nous descendons ensuite sous le temple et marchons dans le noir complet au son des prières puis regagnons la surface 100m plus loin. Ce passage représente le chemin de Bouddha pour renaître symboliquement à la lumière.

Après cette matinée très spirituelle je rejoins la ville de Takamatsu et prends le ferry pour l’île d’art de Naoshima. Les paysages sont de toute beauté et la fusion entre art contemporain et nature est saisissante. Je visite le fameux hôtel Benesse House et le Chichu Art Museum puis rejoins le port à pied car, en ce dernier jour de la Triennale d’art, les visiteurs sont nombreux et il vaut mieux arriver tôt pour avoir une place dans le ferry.

Mon dernier jour à Shikoku est consacré à la visite de la petite ville de Takamatsu qui est non seulement un excellent point de départ pour visiter les îles de la mer intérieure mais qui possède de nombreux sites d’intérêt. L’un des plus beaux est le jardin Ritsurin où je flâne durant 3 heures le long de ses petits chemins où chaque point de vue me fait penser à une estampe.

Une dernière balade le long des rues marchandes et dans le port puis vient déjà le temps de quitter Shikoku avec une seule idée en tête : revenir !

Sophie Durand

 

 


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